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IMAGES, TEXTES ET MUSIQUE. LE LIVRE AUX XIVE-XVE SIÈCLES

Responsable : Armand Strubel
Membres : Isabelle Fabre, Catherine Nicolas, Patricia Victorin

Que le texte littéraire médiéval est, pour la plupart des grandes œuvres, un objet complexe qui parvient à nous sous la forme d’un manuscrit enluminé est certes un constat banal mais dont toutes les conséquences n’ont pas été tirées. L’intérêt pour la relation entre images et texte ne date pas d’aujourd’hui, mais la grande majorité des études dans ce domaine ont traité l’iconographie comme complément au texte, comme illustration.
Le problème essentiel qui se pose est pourtant plus vaste : réception, consommation littéraire, voire « performance » (comme dans le cas d’une œuvre où texte, musique et image constituent un dispositif complexe de gloses à plusieurs niveaux, comme dans le Fauvel). Peut-on séparer l’iconographie et les insertions lyriques, de plus en plus nombreuses au XIVe siècle ?
Il s’agit dès lors de repenser la relation image /texte non pas seulement en termes d’illustration, mais de rapport dialectique entre deux codes (voire trois, avec la musique). La question se pose particulièrement pour les œuvres allégoriques, l’écriture allégorique se définissant comme « visualisation » des abstracta (voir pour un point de départ, A.Strubel, « De l’imaginaire allégorique à l’imagination allégorique », à paraître dans PRIS-MA, fin 2009).
Les œuvres à étudier appartiennent pour la plupart aux XIVe et XVe siècle, période sur laquelle il reste beaucoup à faire. Même les « classiques » (Roman de la Rose, Lancelot-Graal), sont recopiés et remaniés, présentés dans de nouveaux manuscrits pour les bibliothèques des Princes. L’iconographie a un rôle important à jouer dans le « chapitrage » des narrations, dans le découpage. Par ailleurs, l’enlumineur, ou son commanditaire, sont des lecteurs, qui nous donnent des renseignements sur la réception des textes.

L’attention portée à la matérialité de l’œuvre dans le manuscrit ainsi qu’à la complémentarité des codes iconographiques, textuels et/ou musicaux est au centre du travail entamé par P. Victorin sur le « chapitrage », en collaboration avec Sylvie Triaire (RIRRA 21, recherches sur le découpage en chapitres des textes narratifs de l’antiquité à nos jours, avec la publication en 2010 d’un premier ouvrage au PUM). Cette direction, jusque là peu approfondie, est appelée à se développer, en particulier autour du corpus des manuscrits de romans arthuriens du XIVe et du XVe siècle, qui sont le lieu de métamorphoses tardives et intéressantes de la matière romanesque.

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