Programme transversal 2

ÉCRITURES URBAINES MÉRIDIONALES : STATUTS, HISTOIRE, MÉMOIRE
Membres de l’équipe : Histoire médiévale : D. Le Blévec, V. Challet
Occitan Médiéval : G. Gouiran, Ph. Martel, G. Russo
Histoire du droit médiéval (Université Montpellier-I) : Y. Mausen, J.-M. Carbasse, L.Otis, M. Ferret
Histoire de l’art : B. Beys

Ce programme transversal réunissant historiens, spécialistes d’occitan médiéval et historiens du droit médiéval trouve son origine dans le projet d’une nouvelle édition scientifique du « Petit Thalamus » de Montpellier, livre majeur de la mémoire du consulat montpelliérain qui regroupe au sein d’un seul manuscrit les statuts de la ville (notamment les fameuses coutumes de 1204), les cris et serments des principaux officiers du consulat et une chronique urbaine rédigée en occitan et développée à partir des listes consulaires. Outre la réalisation d’une édition critique visant à remplacer les éditions partielles et tronquées publiées dans le courant du XIXe siècle ainsi que sa mise en ligne, ce programme vise également – à travers, dans un premier temps, l’étude de ce manuscrit du « Petit Thalamus » – une meilleure compréhension du phénomène global des écritures urbaines au sein du consulat montpelliérain. Il importe en effet de comprendre pourquoi les institutions urbaines prirent soin de recueillir au sein d’un même volume des textes de nature institutionnelle et cette chronique rédigée en langue vernaculaire, jamais indépendante cependant des listes consulaires qui se trouvent à son origine. Autrement dit, statuts et histoire se renforcent-ils pour construire une véritable mémoire urbaine ou plutôt, pour imposer a posteriori au-delà des scissions qu’a pu connaître l’universitas montpelliéraine, l’illusion d’une mémoire commune. La falsification mémorielle imposée dès les premières lignes de la chronique qui date le consulat de 1204 – alors qu’il lui est postérieur de deux ans – est certes patente mais il convient d’étudier plus avant les rapports complexes que peuvent entretenir consignation des statuts urbains, rédaction d’une histoire locale et reconstruction d’une mémoire urbaine.

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